Cas pratique : La ténosynovite De Quervain

Quelle soit d’origine métabolique (endocrinienne) ou mécanique (traumatique ou micro-traumatique), la ténosynovite de De Quervain se traduit par une douleur à la partie distale et latérale de l’extrémité inférieure du Radius. Son origine est une compression des tendons des Long Abducteur et Court Extenseur du pouce au niveau de la coulisse ostéo-fibreuse de la première loge du rétinaculum postérieur.

L’épanchement liquidien de la gaine synoviale provoque dans un premier temps une douleur et un œdème (synovite), puis une limitation des mouvements (pouvant aussi être associée à des « crépitants »). Dans un troisième temps, il génère un blocage du glissement des tendons court fléchisseur et long abducteur du pouce (ténosynovite sténosante). La ténosynovite compromet les prises de la main et l’utilisation du poignet principalement lors des mouvements d’ouverture de la première commissure et/ou d’inclinaison ulnaire du poignet (port d’enfant, martelage, pipetage, couture…). Cette pathologie du poignet est reconnue comme une maladie professionnelle par l'Assurance Maladie et résulte souvent de gestes répétés liés à certaines activités professionnelles.

Le port d’une orthèse de protection visant à soulager les contraintes mécaniques de la première loge du rétinaculum postérieur peut accompagner la phase douloureuse. L’orthèse doit respecter l’alignement du Radius et de la colonne du pouce et ne pas comprimer le styloïde radiale.

Si la ténosynovite est objectivée cliniquement par les tests de Finckelstein (conflit tendon-os) , de Brunelli (conflit tendon-poulie), ou plus récemment par le WHAT test (Wrist Hyperflexion and Abduction of the Thumb), on retrouve lors d’un bilan kinésithérapique approfondi des limitations caractéristiques de la mobilité du poignet. Une analyse de ces déficits nous permet d’établir un plan de traitement visant à rétablir les conditions optimales de glissement des tendons dans la première loge faisant ainsi régresser la symptomatologie.

Outre les mesures de force et l’évaluation fonctionnelle qui complètent ce bilan, il semble nécessaire de ne pas oublier que les DEUX tendons concernés ici font partie de la chaine d’extension du membre supérieur. Il n’est donc pas rare de retrouver dans le contexte des pathologies relatives aux complexes articulaires du coude et de l'épaule, telles qu'une épicondylalgie latérale ou une tendinopathie de la coiffe des rotateurs !

La rééducation des ténosynovites De Quervain est conduite de façon à rétablir la cinématique par des mobilisations spécifiques : du cadre radio-ulnaire (glissement inférieur du Radius), du carpe (extension du scaphoïde, glissement STT) et de la première colonne du pouce (STT et TM). Ces corrections sont stabilisées par un travail dynamique :

  1. Travail du schéma moteur autour des mouvements fonctionnels du poignet selon les diagonales du «dart throwing motion » ( Extension-IR/Flexion-IU)
  2. Travail excentrique de la chaine d’extension (Lg Abd et Ct Ext du I) en couplage du travail de la sangle ulnaire
  3. Stabilisation de la colonne du pouce (1er IOD)
  4. Correction posturale en extension avec étirement du Rond pronateur

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